Appel à communication
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Colloque international
« NUITS DES SUDS »
Première approche interdisciplinaire des nuits du Monde

Rabat (Maroc) 19-20 juin 2020

La nuit, dimension longtemps oubliée de la ville, est désormais au cœur des questions urbaines dans la recherche, dans la fabrique de la ville, ses aménagements, sa gestion, sa mise en tourisme et sa gouvernance. Des études socio-économiques, des démarches stratégiques et des politiques publiques émergent peu à peu dans de nombreux pays et sur différents continents. Dans la recherche, un champs interdisciplinaire nouveau se structure peu à peu autour des « études de la nuit » ou « recherches sur la nuit » Night studies ».

Jusqu'à ces dernières années les travaux sur la nuit se sont plutôt intéressés aux villes du nord, voire à quelques métropoles d'Amérique du sud, d'Australie ou d'Asie avec la Chine notamment. Par contre, il existe encore peu de travaux dans les « suds » et notamment au sud de la Méditerranée, au Maghreb, au Machrek, en Afrique Noire et dans le reste du monde. Comment les nuits sont-elles vécues dans ces régions ? Comment sont-elles habitées ? Comment sont-elles organisées ? Quand les recherches existent quels sont les angles d'approche privilégiés ? Quelle est la place de la culture, de la religion ? Quel rapport au genre et aux sexualités diverses ? Quelle est la place des femmes ? Quelle approche générationnelle ? Quelles traditions dans les nuits ? Quelles évolutions ? Quelles organisations ? Quels services ? Quels rythmes ? quels transports ? Quelles mobilités ? Quelles populations ? Quelles activités ? Quels conflits ? Quelles innovations ? Entre exploitation et patrimonialisation quel(s) avenir(s) pour les nuits des suds ? Quelles mutations sociales s'engendrent et s'affirment-elles à travers la nuit ? La nuit pourrait-elle jouer un rôle dans le processus de transition écologique ? Et enfin, quelles spécificités pour les nuits urbaines des suds et quels apports pour les réflexions en cours dans d'autres régions du monde.

Pour tenter de répondre à ces questions, plusieurs « entrées » non exclusives seront privilégiées : territoires et temps de la nuit (événements, traditions, rites...) ; économies de la nuit (informel, marketing...) ; gens de la nuit ; tensions, conflits, innovations, bricolages, adaptations des hommes, des organisations et des territoires mais aussi méthodologies d'approche (...)

Au-delà de ces entrées indicatives, toutes les propositions sur les « Nuits des suds » seront examinées avec soin, quelles que soient leurs origines disciplinaires et géographiques.

Objectifs :

L'objectif de ce colloque est de rassembler des chercheurs de différentes disciplines (géographie, aménagement, art, histoire, sociologie, urbanisme, etc.), des artistes, des intervenants venus de différents pays pour échanger sur les manières d'aborder les nuits des suds, de les utiliser, de les créer, de les vivre, de les habiter et de les protéger. Les réflexions, les échanges viendront enrichir la dynamique d'émergence des études sur la nuit (Nights Studies).

Programme :

Le colloque de deux jours, proche de la nuit la plus longue de l'année, sera l'occasion de mobiliser des spécialistes autour de communications mais également d'immersions nocturnes et d'ateliers en profitant notamment des festivités organisées dans le cadre du festival « Mawazine, rythmes du monde » du 19 au 27 juin 2020, un événement qui réunit plus d'un million de personnes et métamorphose les nuits de la capitale marocaine. Le programme sera organisé autour de quatre axes principaux :

Axe 1 : Espaces publics et territoires

Il s'agit, ici, d'interpeller différentes disciplines sur les pratiques et représentations de la ville la nuit à travers les espaces publics, leurs conceptions, aménagements, éclairages, le vécu des usagers et les urbanités. Les nouvelles mobilisations politiques qui se déploient sur les places des villes du Chili à l'Inde en passant par le Liban seront également intéressantes à aborder. Ici, la ville la nuit est aussi à aborder dans son épaisseur historique à travers les événements, les traditions et les rites. De même, toutes les formes d'expression artistiques seront les bienvenues pour mettre en exergue les dimensions plurielles de la nuit. La question du genre constituera une dimension centrale. Si la ville est souvent privilégiée dans les recherches sur la nuit, des travaux sur l'espace rural seront les bienvenus.

Axe 2 : Economies de la nuit

Au-delà des seules questions de convivialité et de fête, la nuit peut également être abordée comme une ressource, un moment de production, un secteur créateur de richesses et d'emplois mais aussi comme un espace-temps de tension, de résistance, un environnement hostile et peu peuplé sous pression. Dans les métropoles soumises au temps continu de l'économie et des réseaux, une partie de la vie sociale et économique reste désormais en éveil. La nuit est devenue un secteur économique rentable. Cependant, au sein de ce territoire, les acteurs de cette économie sont encore mal connus : transporteurs, commerçants, restaurateurs, agents de nettoyages et de sécurités, policiers, médecins et infirmiers... D'autre part, l'espace nocturne donne naissance à une nouvelle vie dans la ville. Elle concerne d'autres populations, dessine d'autres centralités, esquisse d'autres limites et frontières. Comment les usagers de la nuit ou « les noctambules » consomment-ils la ville ? Ici, la nuit peut être abordée comme un territoire à explorer à travers ses habitants, leurs pratiques, genres, statuts ou stratégies d'adaptations aux contraintes spécifiques.

Ce sont donc des propositions permettant d'élargir et d'affiner la connaissance sur les pratiques et les activités économiques dans la ville la nuit, les espaces concernés, les gens de la nuit et leur histoire, ainsi que les tensions et les dimensions conflictuelles de la nuit, qui sont attendues ici.

Axe 3 : Innovations, gouvernance et aménagement urbain

Les expériences internationales ont démontré que le déclin (ou l'essor) de la vie nocturne pouvait nuire à la ville et à ses habitants. Dans ce contexte, les acteurs publics tentent aujourd'hui, de redresser et de redynamiser la nuit. Les démarches adoptées par ces villes ne peuvent être comprises indépendamment du processus de mondialisation. Les expériences de « maires de la nuit » (Paris, Amsterdam...) ne peuvent être passées inaperçues. Dans ce contexte, la nuit urbaine s'est installée dans l'agenda politique des autorités chargées de l'innovation, de l'urbanisme, de l'aménagement urbain. Espace-temps longtemps marginal et « laissé pour compte », elle est devenue depuis peu un élément clé dans la transformation de la ville.

Nous sommes ici intéressés par les stratégies adoptées par les acteurs et les politiques urbaines (à l'exemple de « Mumbai 24X7 » en Inde) mises en place pour répondre aux problématiques émergentes auxquelles les villes des suds sont confrontées. Quelles sont les démarches mises en œuvre pour, d'une part, souligner l'attractivité nocturne locale et, d'autre part, en limiter les effets indésirables ? Quelles sont les nouvelles formes d'activismes qui se déploient autour de l'illumination, du bruit, des transports, de la sécurité des femmes ?

Axe 4 : Méthodologies d'approche de la nuit en sciences sociales

Etudier la nuit implique-t-il une ou des méthodologies spécifiques ? Tenter de choisir entre une approche qualitative ou quantitative pour approcher la nuit reste lié aux objectifs de recherches. Si les résultats quantitatifs, facilement transposables, tendent à convaincre le politique, les méthodes qualitatives développées par certains chercheurs ont permis de dévoiler les dimensions méconnues et profondes des nuits urbaines et les caractéristiques spécifiques des métropoles.

Nous sommes ici intéressés par des contributions qui interrogent l'utilisation de méthodes qualitatives et quantitatives, les approches sensibles dans l'étude de la nuit et les possibles combinaisons et articulations entre ces méthodologies.

Comité d'organisation :

Sanae Aljem, Institut National d'aménagement et d'urbanisme du Maroc, Rabat (Maroc) / Wafae Belarbi, Ecole Nationale d'Architecture, Rabat (Maroc) / Luc Gwiazdzinski, Université Grenoble Alpes (France) / Farzane Hajar, Université Grenoble Alpes (France) / Aziz Iraki, Institut National d'aménagement et d'urbanisme du Maroc, Rabat (Maroc) / Abdellah Moussalih, Institut National d'aménagement et d'urbanisme du Maroc, Rabat (Maroc) / Will Straw, McGill University (Canada).

Comité scientifique :

Adamou Abdoulaye, Université de Zinder, Zinder (Niger) / Mustafa Akalay Nasser, UPF (Maroc) / Fatima Alikhan, Hyderabad (Inde) / Sanae Aljem, Institut National d'aménagement et d'urbanisme du Maroc, Rabat (Maroc) / Christelle Alvergne, UNCDF (Sénégal) / Marie Avril Berthet, University of Leeds (Grande Bretagne) / Atephed Amid, Londres (Grande-Bretagne) / Nacima Baron, Université Marne la Vallée (France) / Aurore Monod Becquelin, Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative, CNRS, Paris (France) / Wafae Belarbi, Ecole Nationale d'Architecture, Rabat (Maroc) / Anne-Gael Bilhaut, Universidad Internacional del Ecuador (Equateur) / Fares Boubakour, Ecole des Hautes Etudes Commerciales, Alger (Algérie) / Ibrahim Bouzou Moussa, Université Abdou Moumouni de Niamey (Niger) / Mohamed Chadli, INSAP, Rabat (Maroc) / Dominique Crozat, Université de Montpellier (France) / Swati Chatterjee, Alf, Calcutta (Inde) / Patrick Chamoiseau, écrivain (France) / Matteo Colleoni, Universita degli studi di Milano Bicocca (Italie) / Cécilia Comelli, CNRS, Bordeaux (France) / Mounir Douib, Université de Carthage (Tunisie) / Thomas Fouquet, CNRS (IMAF/MOVIDA) (Sénégal) / Marcos Gois, Universidade federal do Rio de Janeiro (Brésil) / Luc Gwiazdzinski, IUGA, Laboratoire Pacte, Université Grenoble Alpes (France)/ Aziz Iraki, Institut National d'aménagement et d'urbanisme du Maroc, Rabat (Maroc) / Véronique Nahoum Grappe, EHESS (France) / Wenbo Hu, Shanghaï (Chine) / Corneliu Iatu, Université Ioan Cuza, Iasi (Roumanie) / Mohammed Idrissi Janati, Université Mohamed V, Rabat (Maroc) / Tabomka Laye, Université Sonfonia, Conakry (Guinée) / Elida Lima, Pontifícia Universidade Católica de São Paulo (Brésil) / Marco Magioli, IULM, Milan (Italie) / Laurent Matthey, Université de Genève (Suisse) / Mohamed Melyani, Université de Picardie (France) / Abdellah Moussalih, Institut National d'aménagement et d'urbanisme du Maroc, Rabat (Maroc) / Ashween Parulkar, Center for Policy Research (Inde) / Marion Roberts, School of Architecture & Cities, Newcastle (Grande Bretagne) / Papa Sakho, Université Cheikh Anta Diop (Sénégal) / Joelle Sazk, Université de Provence (France) / Robert Shaw, Newcascle University (Grande-Bretagne) / Will Straw, McGill, Department of Art History and Communications Studies (Canada) / Andreina Seijas, Harvard University (Etats-Unis) / Mohamed Tamim, Institut National d'aménagement et d'urbanisme du Maroc, Rabat (Maroc) / Angelo Turco, IULM Milan (Italie) / Alejandro Mercado-Celis, Universidad Nacional Autónoma de México (Mexique) / Abdoulaye Wotem Sompare, Université Kofi Annan, Conakri (Guinée) ; Chris Younes, ENSA Clermont Ferrand (France) / Marie-Hélène Zerah, IRD, Delhi (Inde).

Calendrier :

Réception des propositions : avant le 30 mars 2020

Réponse aux auteurs : 15 avril 2020

Confirmation et diffusion du programme officiel : 30 avril 2020

Envoi par les auteurs de leur communication finale : 20 mai 2020

Date du colloque : vendredi 19 et samedi 20 Juin 2020

Directives pour l'envoi des propositions :

Les propositions de communication devront être envoyées par courriel dans l'une des trois langues du colloque (français, arabe, anglais) en format Word à l'adresse suivante : <nuitsdessuds@gmail.com>. Ellesintégreront les éléments suivants :

  • le nom des auteurs et co-auteurs avec les renseignements d'affiliation (prénom, nom, statut, institution) de même qu'une courte notice biographique pour chacun;
  • les coordonnées des auteurs et co-auteurs ;
  • un titre ;
  • une liste de cinq mots clés ;
  • un résumé d'environ 4000 caractères, espaces compris. Dans ce résumé seront développés le questionnement et la démarche de recherche (cadre conceptuel et méthodologique) ainsi que les résultats, constats ou retours d'expériences ;
  • l'axe thématique retenu devra être clairement identifié ;
  • une bibliographie indicative de 8 références maximum.

Chaque proposition sera évaluée par des membres du comité scientifique du colloque. Une publication des meilleures propositions est envisagée dans le cadre d'un numéro spécial d'une revue internationale. Les trois langues du colloque seront le français, l'arabe et l'anglais (nuitsdessuds)

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